Mauritanie Le défi du retour Le président
Mauritanie
Le défi du retour
Le président mauritanien Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi s'engage à régler le passif humanitaire.
(Photo : Reuters)
Eradiquer les séquelles de l’esclavage et organiser au mieux le retour de tous les déportés mauritaniens, voici les deux grands défis sur lesquels le nouveau président mauritanien, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, est revenu vendredi soir dans son allocution radio-télévisée.
Dans ce discours à la nation, le premier depuis sa prise de fonction le 19 avril dernier, le chef de l’Etat a réaffirmé qu’il plaçait la cohésion sociale et l’unité nationale au cœur de son programme. Sidi Ould Cheikh Abdallahi s’est souvenu «des moments douloureux de l’histoire récente mauritanienne» et a redit la nécessité de bâtir une concorde nationale sur la base de l’égalité entre les citoyens.
«Je voudrais dire à chaque veuve, à chaque orphelin, à chaque réfugié, chaque opprimé, blessé dans sa dignité, que je partage l’intimité de leur souffrance». C’est avec compassion et compréhension que le président mauritanien est revenu sur les exactions et atteintes massives aux droits de l’homme subies dans les années quatre-vingt-dix par les Mauritaniens d’origine négro-africaine.
Sidi Ould Cheikh Abdallahi a réitéré sa promesse selon laquelle l’Etat s'engage à régler le passif humanitaire en assurant le retour et la réhabilitation des hommes et femmes réfugiés à l’extérieur du pays. Le président a aussi appelé l’ensemble des Mauritaniens à réserver le meilleur accueil possible à l’ensemble des citoyens longtemps exilés, un accueil «tolérant» et «fraternel».
Concernant l’esclavage, il a salué l’approbation cette semaine d’un projet de loi réprimant cette pratique et a assuré que la vigilance était maximale pour lutter contre les trafics humains et exploitations en tous genres. Pour les observateurs de la vie politique locale, ce discours unificateur, est surtout un moyen de préparer l’opinion au retour de ces Mauritaniens jadis chassés. Une première étape solennelle dans un long processus de réconciliation nationale.
par RFI
